Rencontre avec les élèves-infirmiers
de l'école d'Annecy

par Geneviève


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14 mai 2007

A la demande d'une enseignante de l'école d'infirmières d'Annecy, un petit groupe de diabétiques a répondu aux questions des élèves sur un thème précis : Le diabétique et la diététique.

Assis en cercle dans la salle à manger du 14 chemin de la prairie, nous sommes 7 diabétiques. Françoise, diabétique de type 2 soignée aux antidiabétiques oraux, Gilbert, Alice, Gaby, Geneviève, Dominique et Daniel, tous les six traités à l'insuline.

Chacun commence par raconter brièvement son parcours, depuis combien de temps il est diabétique, comment il vit au quotidien la maladie. Geneviève profite de cette occasion pour faire passer de main en main la seringue en verre et les aiguilles (des pieux) qu'elle utilisait en 1978.

Daniel et Dominique ont pu montrer leur pompe aux élèves qui n'en avait jamais vue. Ils en ont profité pour expliquer les avantages d'un tel traitement.

Les questions sont ensuite devenues plus précises sur l'alimentation. Nous avons évoqué les difficultés liées aux variations de la glycémie, les dangers de l'apéritif en particulier. Gaby explique qu'il peut être dangereux de consommer un alcool fort en étant à jeun. Geneviève explique que l'alcool n'est pas hypoglycémiant mais que le foie, occupé par l'élimination de l'alcool, ne produit pas le sucre habituel. Une personne en normoglycémie et à jeun avant la prise d'un alcool fort peut être rapidement en situation d'hypoglycémie si elle ne grignote pas en parallèle quelques aliments riches en glucides.

L'enseignante, qui a participé pour la première fois à la rencontre des cyclos à St André le Gaz, a expliqué les difficultés qu'une personne avait rencontrées durant la première étape. Nicole avait une bonne glycémie en quittant Annecy le matin mais au premier ravitaillement sa glycémie était supérieure à 3g. Il lui a été demandé de s'injecter quelques unités d'insuline ultra-rapide pour stopper l'hyperglycémie et de monter dans le camion pour se reposer. Au ravitaillement suivant sa glycémie suffisamment redescendue, elle a pu remonter sur le vélo et terminer l'étape de 120km. Il s'est avéré qu'elle avait trop baissé ses doses et qu'elle avait été sujette au stress le matin puisqu'il s'agissait de sa première sortie avec ce groupe de cyclistes.

Les élèves nous demandent ce qui nous semble le plus difficile dans le régime du diabétique. Nous commençons par leur expliquer que les diabétiques insulino-traités ont la possibilité de manger de tout. Il faut seulement savoir quand et combien, connaître les bases de l'index glycémique et respecter les horaires.

Une élève nous demande si nous avons reçu une éducation du patient lors de notre premier séjour à l'hôpital. Pour la majorité d'entre nous, le diabète est ancien (entre 25 et 52 ans de diabète), il est évident que la formation des patients n'existait pas du tout. Les malades n'avaient pas de lecteur de glycémie. Les contrôles dans les urines étaient plus ou moins fiables. Le patient devait donc suivre les conseils de son médecin. Françoise qui n'est diabétique que depuis 3 ans, a reçu une formation complète. Nous reconnaissons que nous profitons maintenant de nos séjours à l'hôpital pour améliorer nos connaissances.

Une autre élève voudrait savoir pourquoi nous sommes membres d'une association de diabétiques. C'est tout d'abord l'occasion de rencontrer des amis, de s'informer grâce aux diverses publications et de partager avec eux nos difficultés. C'est également le souhait de faire connaître à la population en général les conséquences d'un diabète ignoré ou mal géré, tout en assurant qu'un diabétique bien équilibré peut tout faire.

La dernière question concerne l'engagement de l'AHSD auprès des écoles, des entreprises, des centres de soins. Gaby répond que l'AHSD se déplace dès qu'on le lui demande.

Les élèves nous remercie d'avoir répondu à leurs questions et nous leur assurons qu'ils ne doivent pas hésiter à nous contacter s'ils ont besoin d'un renseignement.