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Chaque
année la fondation
romande pour la recherche sur le diabète propose une journée
de formation à l'attention des diabétiques et de leurs proches au
CICG (15-17 rue de Varembé) à Genève. Programme
: 8h30 : Ouverture des stands 9h00
: Introduction par le Professeur Jacques Philippe, président de la Fondation 9h10
: Message de bienvenue de M. Pierre-François Unger, conseiller d'état 9h20
: Remise du prix de la Fondation 9h30 : La Recherche en 1920 par le Docteur
Thomas Wyss 9h50 : Communication des cellules à insuline : une nouvelle
cible thérapeutique ? par le Professeur Paolo Meda
10h15 : Pause
et visite des stands 10h45 : A la recherche des signaux cellulaires contrôlant
la sécrétion cellulaire par le Professeur Pierre Maechler 11h15
: Le GLP-1 peut-il restaurer la fonction des cellules bêta chez les diabétiques
? par le Professeur Bernard Thorens 11h45 : Epidemie de maladies métaboliques
: la faute aux sucres ? par le Professeur Luc Tappy
12h15 : Repas
14h
: Epidémie d'obésité chez l'enfant : constatations-actions
par les doctoresses Nathalie Farpour-Lambert et Jardena Puder 14h40 : Médecine
et médias : bienfaits-méfaits par le Docteur Nicolas Von der Weid 15h
: Table ronde
De 8h30 à 15h : exposition et démonstration
d'appareils et de produits à l'usage des diabétiques ainsi que
la présence des associations romandes de diabétiques. 
Comme
chaque année depuis 1996, la Fondation romande pour la recherche sur le
diabète souhaite informer concrètement tant les personnes concernées
directement et indirectement par la maladie que le grand public. En Suisse,
le diabète touche 1 personne sur 20, soit 300'000 personnes, dont la moitié
ignore leur état. S'il peut, aujourd'hui, être bien géré,
le diabète n'entraîne pas moins des complications graves, voire mortelles.
II est donc important qu'une large information soit faite pour les prévenir.
La Fondation romande pour la recherche sur le diabète vous informe. Au
fil des années, la participation à la Journée a connu une
progression. De 400 personnes en 2002, les visiteurs étaient plus de 700
en 2007, venus de toute la Suisse romande. En 2008, il y avait 550 personnes présentes,
un recul probablement dû à deux facteurs : la neige et la complexité
des exposés. Vous trouverez ci-dessous des extraits du document remis à
chaque visiteur. (Je n'ai malheureusement pas l'abstract du Professeur Thorens)
concernant le GLP-1. Présentation Par
le Professeur Jacques Philippe

Madame,
Monsieur, Au nom du comite, je suis heureux de pouvoir vous accueillir à
l'occasion de la 13ème Journée d'information de la Fondation romande
pour la recherche sur le diabète. Le but premier de la Fondation est de
venir en aide aux patients. Elle le fait de deux manières, d'une part par
la subvention de projets de recherche pouvant améliorer la compréhension
de la maladie, et d'autre part par l'organisation de ces journées d'information
sur des thèmes liées au diabète. La Journée d'information
est organisée à l'occasion de la Journée mondiale du diabète.
Au fil des années, cette journée est devenue la plus importante
manifestation sur le diabète en Suisse. Elle a pour but d'aborder des thèmes
extrêmement pratiques, de répondre à des questions que les
patients se posent au quotidien, d'aborder les nouveautés sur les médicaments
et la prise en charge de la maladie, mais aussi de vous donner les derniers développements
de la recherche. La Journée d'information ne vous offre pas seulement
des conférences, mais aussi des renseignements pratiques grâce aux
stands des firmes pharmaceutiques et des associations, aussi bien de patients
que professionnelles (pédicures, infirmières, diététiciennes,
etc.) qui vous illustrent l'importance des divers intervenants dans la prise en
charge de cette maladie et vous permettent de découvrir les nouveautés
techniques de la mesure glycémique ou des injections d'insuline. Les thèmes
de cette année vous permettront de mettre en perspective les progrès
de la recherche sur la prise en charge de la maladie au cours des cent dernières
années. Des sujets actuels comme l'épidémie du diabète
chez l'adulte et l'enfant seront aussi abordes et les intervenants vous expliqueront
les causes de cette épidémie. Nous nous réjouissons de
vous accueillir à cette 13ème Journée d'information, journée
conviviale s'il en est, réunissant de manière unique les patients,
les médecins, les infirmières, les diététiciennes,
les pédicures et tous les autres intervenants pour évoquer ensemble
les actualités de la maladie et les espoirs pour en venir à bout.
C'est l'occasion de remercier dans ce message le conseiller d'Etat charge
du département de l'économie et de la santé, M. Pierre-François
Unger, qui inlassablement nous soutient dans l'organisation de cette Journée
d'information. Je veux aussi ici remercier le conseil de la Fondation, les orateurs,
Madame Olivia Maillot de Rochat & Partners sans laquelle cette journée
ne pourrait se faire, les firmes pharmaceutiques et les associations qui occupent
les stands, vous, le public, sans lequel cette journée n'aurait pas de
raison d'être et enfin tous les donateurs sans lesquels la Fondation n'existerait
pas. Je vous souhaite à tous une excellente journée riche d'informations
et de rencontres. Bienvenue Par
Monsieur Pierre-François Unger Conseiller d'Etat en charge du Département
de I'économie et de la santé (DES)
  
Mesdames
et Messieurs les Professeurs, Mesdames et Messieurs les professionnels de
la santé, Mesdames et Messieurs, Au nom de la Fondation Romande
pour la Recherche sur le Diabète, nous sommes très heureux de vous
souhaiter la bienvenue à cette 13ème journée d'information
sur le diabète. Depuis 1996, cette journée est la meilleure occasion
pour vous, professionnels de la santé, et pour vous, visiteurs - qui, chaque
année, répondez toujours plus nombreux à notre invitation,
ce dont nous nous réjouissons - de partager vos expériences et de
vous informer sur cette maladie qui, aujourd'hui, touche de plus en plus de personnes
en Suisse. Le diabète se soigne, heureusement, et les conditions de vie
des patients se sont beaucoup améliorées. Mais le diabète
reste une maladie dont on ne guérit pas. C'est la raison pour laquelle
cette journée nous tient particulièrement à cur. Cette
13ème journée d'information, outre les échanges concrets
qu'elle facilite entre les visiteurs et les professionnels de la santé,
permet d'en savoir plus sur cette maladie qui, bien que répandue, reste
méconnue et mal comprise. Ce qui est préoccupant, car des milliers
de Suisses seront un jour concernés. A travers les interventions de
spécialistes et de chercheurs reconnus des Hôpitaux Universitaires
de Genève et de Lausanne, deux thèmes principaux vont être
abordés durant cette journée : la recherche et la prévention.
Le premier expose retrace le chemin parcouru par la recherche depuis la découverte
de l'insuline dans les années 1920. Et les avancées sont impressionnantes
! Aujourd'hui, la recherche explore deux axes majeurs : la caractérisation
de cellules-souches en cellules a insuline, ainsi que la communication de ces
cellules entre elles et la caractérisation des gènes impliqués
dans le diabète de type 1 comme de type 2. Mais il y a encore beaucoup
à entreprendre. Il est non seulement nécessaire de poursuivre la
recherche, mais aussi d'accentuer la prévention et mieux informer sur la
maladie. Je le rappelle: en Suisse, 1 personne sur 20 a touché par le diabète,
mais la moitié des personnes atteintes l'ignorent! Comment prévenir
efficacement le diabète ? Par la prévention de l'obésité,
notamment. L'épidémie actuelle d'obésité est à
l'origine de l'augmentation du diabète. Pour éradiquer ce fléau,
il faut agir aussi bien auprès des adultes que des enfants. De plus en
plus d'enfants sont touchés. Et ils sont atteints de plus en plus jeunes.
De nombreux efforts ont été faits, ces dernières années,
afin d'assurer un meilleur étiquetage des aliments, la promotion de l'activité
physique à l'école et la mobilisation des médias. Ces efforts
ne sont, malheureusement, pas encore suffisants, car l'obésité ne
cesse de progresser. La prise de conscience doit être collective. Nos spécialistes
énonceront quelques pistes de réflexion et d'action. Quel est le
rôle joué par les médias dans le domaine de l'information
médicale ? Les médias sont des acteurs de premier plan dans le domaine
de la prévention et leur rôle ne doit pas être sous-estimé.
Mais, l'information qu'ils délivrent est-elle toujours la bonne? Le débat
est ouvert. Nous vous invitons donc à découvrir tous ces sujets.
Nous vous souhaitons à toutes et tous une excellente journée pleine
de découvertes, d'enseignements, de nouveautés, d'échanges
et de conseils pratiques applicables dans votre vie quotidienne.
La
recherche en 1920 Par le Dr Thomas Wyss
 Banting,
Best et le chien Mallory qui ont découvert l'action de l'insuline en 1921-1922
Il
a fallu un long chemin pour comprendre, à travers le temps, à quoi
était due cette mystérieuse maladie où les fluides traversaient
sans cesse le corps. Au moyen âge, en goûtant les urines, Thomas Willis
découvrit qu'elles étaient sucrées. C'est dès la deuxième
moitié du 19ème siècle que l'on a commencé à
lier le diabète à un organe mystérieux jusque là :
le pancréas. Minkowski avec Mering, en explorant le rôle du pancréas,
l'ont enlevé d'un chien pour observer ce qui allait se passer. L'opération
avait très bien réussi, et à leur grande surprise, ils constatèrent
que le chien n'arrêtait pas d'uriner. L'analyse de l'urine révéla
une grande quantité de sucre et ce fut le départ d'une longue période
d'observation, pour arriver en 1920 à une découverte capitale par
une équipe de chercheurs de Toronto. John Macleod, alors chef de l'institut
de Toronto, laissa carte blanche à 3 jeunes gens en leur fournissant locaux
et animaux. Banting et Best, associés au chimiste Collip, unifiaient leur
ingéniosité pour élucider la relation entre diabète
et pancréas. Il leur était clair maintenant que les chiens pancréatomisés
devenaient diabétiques. La mise au point d'une méthode de surveillance
continue du sucre sanguin leur permit de progresser. A force d'ingéniosité
et de persévérance, l'équipe réussit à produire
un extrait de pancréas suffisamment purifié pour pouvoir être
réinjecté dans un animal. Leur hypothèse allait pouvoir être
confirmée : les îlots de cellules du pancréas (appelés
îlots de Langerhans) produisent une substance qui est responsable du contrôle
du taux de sucre dans le sang. En l'absence de cette substance, le taux de sucre
sanguin monte et l'urine évacue cet excès de sucre. L'injection,
chez le chien pancréatomisé, de cet extrait de pancréas normalisait
la glycémie qui s'était brutalement élevée après
l'opération. Ils nommèrent cet extrait "isletin", qui
par la suite sera rebaptisée insuline. Comme vous le verrez grâce
aux présentations de "nos chercheurs", les laboratoires et les
technologies ont évolué d'une façon magistrale pour changer
complètement les conditions de travail. Il reste, cependant, entre les
pionniers de la recherche et nos chercheurs disposant d'une technologie impressionnante,
les mêmes points communs : Réflexion, déductions, ingéniosité
et persévérance.
Communication
des cellules à insuline : une nouvelle cible thérapeutique ? Par
le Professeur Paolo Meda
  
Les
cellules à insuline vivent toujours en communauté au sein des îlots
pancréatiques, appelés aussi îlots de Langerhans. Au sein
de ces îlots, les cellules établissent des points de contact, par
l'intermédiaire de protéines qui s'accumulent à des endroits
localisés des membranes cellulaires se faisant face, pour former des "jonctions
intercellulaires". Comme le nom l'indique, ces jonctions permettent à
des cellules voisines de s'accrocher les unes aux autres. Elles fonctionnent également
comme centre de signalisation, permettant aux cellules de "sentir" ce
qui change dans son environnement immédiat, que ce soit le milieu extérieur
de la cellule, ou qu'il s'agisse des cellules voisines. De ce fait, chaque cellule
est informée du fonctionnement de ses proches et, en sens inverse, leur
communique des informations sur son propre fonctionnement. De cette façon,
les cellules à insuline sont synchronisées au sein de chaque îlot
pancréatique, ce qui permet d'assurer une libération suffisante
d'insuline lorsque par exemple le taux de glucose environnant augmente, ce qui
implique la stimulation coordonnée de plusieurs milliers de cellules. A
l'inverse, lorsque le taux de glucose chute, ces cellules doivent rapidement arrêter
leur sécrétion pour éviter une hypoglycémie. Nous
avons étudié les jonctions "gap" des cellules à
insuline. Ces jonctions sont formées d'une protéine appelée
connexine36, qui forme des canaux reliant entre elles des cellules voisines et
leur permettent d'échanger rapidement des molécules, et des ions,
notamment l'ion calcium qui est primordial pour le bon fonctionnement des cellules
à insuline. Nous avons pu montrer que la suppression expérimentale
de la connexine36 induit chez l'animal une désynchronisation des cellules
à insuline qui n'arrivent plus à libérer l'insuline cycliquement,
comme observé dans les situations de pré-diabète. Elle sensibilise
aussi les cellules à insuline à la mort induite par les cytokines,
les molécules du système immunitaire qui sont impliquées
dans le déclenchement de la mort cellulaire qui induit le diabète
de type 1. A l'inverse, l'augmentation expérimentale de la connexine36
protège complètement les cellules bêta contre l'effet mortel
des cytokines. La connexine36 est également exprimée par les cellules
bêta humaines et son gène est légèrement modifié
chez les diabétiques de type 2. Ce changement minime modifie la quantité
de protéines dont la cellule dispose, et qui est liée à sa
production d'insuline. Cet ensemble
d'informations suggère qu'il serait avantageux d'identifier des molécules
augmentant la connexine36 et/ou favorisant le fonctionnement des canaux qu'elle
forme, pour améliorer la sécrétion d'insuline et protéger
les cellules beta contre les agressions du système immunitaire. Nous recherchons
ces molécules par criblage de médicaments capables de modifier la
coordination des cellules bêta qui dépend des échanges d'ions
calcium entre cellules voisines.
Le
GLP-1peut-il restaurer la fonction des cellules bêta chez les diabétiques
? Par le Professeur Bernard Thorens
   Uniquement
d'après mes notes...
L'ingestion
de nourriture déclenche une réponse hormonale complexe, dont le
but est notamment de minimiser les oscillations de la glycémie grâce
à une stimulation appropriée du captage de glucose par le foie et
les tissus musculaire et adipeux. L'activité insulinosecrétoire
des cellules bêta du pancréas joue un rôle majeur dans cette
réponse. Bien que l'augmentation du glucose sanguin soit le stimulus principal
de l'insulino sécrétion, des hormones intestinales, libérées
par des cellules endocrines de l'épithélium intestinal lors du passage
de nutriments, jouent un rôle important de potentialisation de l'effet du
glucose sur les cellules bêta pancréatiques. Ces hormones, appelées
gluco-incrétines, sont principalement le GLP-1 (glucagon like peptide-1)
et le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide). Elles agissent au niveau
des cellules bêta pancréatiques en se liant à des récepteurs
heptahélicaux couples à l'activation de l'adenylate-cyclase. Outre
leur capacité de potentialiser la sécrétion d'insuline induite
par le glucose, ces hormones stimulent également la production d'insuline,
et ont également un effet positif sur le contrôle de la masse cellulaire.
Ce peptide est considéré comme un médicament potentiel pour
le traitement de cette maladie. L'exenatide est le premier représentant
d'une nouvelle classe de médicaments appelée mimétique incrétine
en cours d'analyse pour le traitement du diabète de type 2, et montre de
nombreux effets semblables à ceux de l'hormone incrétine humaine
GLP-1 (glucagon-like peptide-1). L'exenatide agit par le biais des récepteurs
du GLP-1. Ce peptide produit dans l'intestin, a une action insulinotropique strictement
dépendante de l'augmentation de la glycémie; il contrôle la
vidange gastrique et inhibe la prise alimentaire ainsi que la sécrétion
du glucagon et de la somatostatine. Les résultats issus de trois études
pivots montrent que l'exenatide permet de faire baisser le taux de glucose dans
le sang de manière significative, lors de mesures HbA1c chez des patients
n'étant pas parvenus à contrôler leur taux de glycémie
moyen (sucre dans le sang) avec les traitements classiques. En outre, l'administration
d'exenatide par injection a également induit une perte de poids.
Epidémie
de maladies métaboliques : la faute au sucre ? Par le Professeur Luc
Tappy
 Au
cours des dernières décennies, la proportion de la population touchée
par l'obésité et les maladies métaboliques qui lui sont associées
(diabète, dyslipidémie, etc.) a augmenté de manière
importante dans la majeure partie du monde. Cette augmentation rapide ne pouvant
correspondre à des modifications génétiques, la cause doit
être cherchée dans des changements environnementaux. La sédentarité,
une alimentation riche en graisses ou en sucres simples sont parmi les causes
envisageables. Une augmentation de consommation de sucres simples est effectivement
observée au cours de la dernière partie du XXème siècle.
Dans la plupart des pays, il s'agit principalement de sucrose (soit le sucre de
cuisine, constitue d'une molécule de glucose et d'une molécule de
fructose); en Amérique du nord, la consommation de sirop, préparé
à partir de maïs, et contenant environ 55% de fructose et 45% de glucose,
représente une proportion importante de la consommation de sucres. Il n'y
a cependant pas d'indication que les effets métaboliques de ce type de
sirops différent de ceux du sucrose. Chez le rongeur, une alimentation
riche en fructose conduit, en l'espace de quelques semaines, au développement
d'une obésité, de diabète, de troubles du métabolisme
des lipides, et d'une accumulation de graisses dans le foie et dans le muscle.
Ceci s'accompagne occasionnellement d'une hypertension artérielle. Chez
l'homme, les effets du fructose sont moins bien documentés. Les travaux
effectués au sein du département de physiologie de Lausanne, au
cours des 15 dernières années, démontrent que le fructose,
ajouté en quantité importante à l'alimentation habituelle
(correspondant au contenu en fructose de 1.5 à 3 litres de boissons sucrée
par jour), entraîne le développement de diverses anomalies métaboliques
proches de celles rencontrées chez le patient obèse, à savoir
une augmentation de la concentration sanguine de triglycérides, une résistance
hépatique à l'insuline et une augmentation de la concentration de
graisses intra-hépatiques, probablement expliquée en partie par
une conversion du fructose en graisses dans le foie. Le risque de développer
un diabète dépend en partie de facteurs génétiques.
De manière intéressante, la susceptibilité aux effets métaboliques
du fructose semble aussi affectée par des facteurs familiaux. Nous avons
ainsi observé que chez des individus non diabétiques, mais dont
un des deux parents est atteint de diabète de type 2, le fructose provoque
une augmentation de lipides dans le foie et des triglycérides sanguins
plus importante que chez les sujets sans histoire familiale de diabète. A
ce stade, de nombreuses questions subsistent concernant le rôle des sucres
dans l'épidémie de maladies métaboliques. Un apport important
en fructose n'est vraisemblablement pas le seul facteur à incriminer. En
effet, un apport de sucres élevé est généralement
associé à une balance énergétique positive, de même
que de grandes consommations en graisses ou en sel, qui peuvent également
contribuer au développement de maladies métaboliques. Néanmoins,
le fait qu'une consommation importante de fructose puisse causer ou exacerber
certaines anomalies métaboliques semble en contrepartie indubitable.
Epidémie
d'obésité chez l'enfant : constatations - actions Par les Dr
Nathalie Farpour-Lamber et Jardena Puder

L'obésité
infantile constitue une véritable crise de santé publique. Elle
est d'origine multifactorielle et résulte d'une balance énergétique
positive. Certains facteurs ont été clairement identifiés
: l'hérédité, le milieu intra-utérin, en particulier
chez les mères souffrant d'obésité ou de diabète,
la qualité et la quantité de l'alimentation et la diminution de
l'activité physique. Les activités sédentaires, telles que
télévision, DVD et ordinateurs contribuent fortement à ce
phénomène, d'autant plus que les enfants grignotent devant les écrans.
En effet, la publicité destinée aux jeunes incite la consommation
d'aliments denses en énergie et pauvres en nutriments. La réduction
du temps de sommeil augmente aussi le risque d'une obésité infantile.
Les premiers signes de maladies cardiovasculaires et de diabète de
type 2 apparaissent déjà avant la puberté. Le but du traitement
est de stabiliser le poids pendant la croissance, afin de normaliser l'indice
de masse corporelle à long-terme et de ralentir l'apparition de complications.
II implique des changements du style de vie de toute la famille. L'activité
physique régulière est un facteur déterminant du succès
du traitement. La thérapie comportementale familiale n'est prometteuse
que si les trois piliers, soit l'augmentation de l'activité physique, l'amélioration
de l'alimentation ainsi que le soutien psychologique à l'enfant et ses
parents sont intégrés. Cependant, sa mise en place est complexe
et son efficacité est limitée dès I'adolescence. II est donc
urgent de développer des stratégies de prévention primaire
précoce. Les comportements des enfants sont largement influencés
par ceux de leur famille, mais aussi par l'environnement qui les entoure. Ceci
peut expliquer pourquoi dans le domaine de la prévention primaire les interventions
randomisées contrôlées (basées dans le milieu scolaire
ou la famille) atteignaient seulement des résultats négatifs ou
modestes à long terme (supérieur ou égal à 1 an).
La cause de cet échec est le manque d'un projet global qui prend en considération
les différents facteurs de risque, et qui agit à plusieurs niveaux
(famille, école, commune, gouvernement, urbanisme, industrie. En plus,
ces interventions n'étaient pas assez "drastiques". II faudrait
aussi développer des interventions visant les populations à risque
comme les migrants. L'enfant ne naît pas pantouflard ! L'activité
physique fait partie intégrante de son développement et il suffit
de lui offrir la possibilité de jouer librement à la maison, et
surtout à l'extérieur, dans la nature ou sur les terrains de jeux.
L'activité physique régulière (au moins 60 minutes par jour
- www.hepa.ch) chez l'enfant a des effets bénéfiques sur la composition
corporelle, la fonction cardiaque, la pression artérielle, les lipides
sanguins, la densité minérale osseuse, l'endurance, la force musculaire,
la vitesse, la coordination, Le bien-être psychique et l'estime de soi,
aussi bien qu'une prédisposition à l'activité physique accrue
pendant la vie adulte. Le temps passé devant les écrans ne devrait
pas excéder 1 à 2 heures par jour. Cette réduction ne peut,
en général, pas être obtenue sans imposer des limites, à
moins que les enfants ne se voient proposer des alternatives attrayantes. La réduction
de l'activité physique chez les adolescents est particulièrement
préoccupante. Ceux qui sont actifs dans le cadre d'une association sportive
sont nettement plus actifs dans leur vie quotidienne. C'est pourquoi une attention
toute particulière devrait être accordée au développement
d'activités attrayantes pour cette tranche d'âge. En général,
les changements de comportements individuels sont difficiles, si l'environnement
est "obésogène". Il est essentiel d'améliorer la
qualité des produits vendus et l'information aux consommateurs, de baisser
le prix des fruits et légumes, et peut-être même d'interdire
la publicité visant certains produits pendant les émissions pour
les enfants (en analogue avec le tabac). La stratégie la plus efficace
sur le plan de la santé publique est le changement de l'environnement de
l'enfant, comme l'interdiction de boissons sucrées à l'école,
l'adaptation des repas scolaires, l'intégration de l'activité physique
journalière obligatoire, et d'activités physiques attractives à
l'école et à la commune. Une prévention qui a du succès
lors de l'intervention et au-delà devrait à notre avis se baser
sur 2 piliers : a) un changement relativement intense du comportement qui prend
en considération la cause multifactorielle de l'obésité enfantine
et b) une adaptation de l'environnement afin de faciliter ces changements, ce
qui nécessite des mesures politiques et socio-économiques. Les pédiatres,
médecins généralistes et internistes, gynécologues,
infirmières, diététiciennes, puéricultrices, et le
personnel des crèches, garderies et écoles, peuvent jouer un rôle
clé pour promouvoir la santé des enfants.
- Table1
: Objectifs de la thérapie de l'obésité de l'enfant et de
l'adolescent
Comprendre les causes du surpoids (mode de vie, anamnèse
personnelle et familiale). Augmenter l'activité physique de la famille,
améliorer la perception du corps, et diminuer les activités sédentaires
(télévision, jeux électroniques, ordinateurs). Améliorer
les habitudes alimentaires de la famille (connaissances et choix des aliments,
rythme des repas, quantités, talents culinaires). Promouvoir l'estime
de soi et l'aptitude à faire face au conflit. Renforcer le rôle
parental. Diminuer l'indice de masse corporelle, le pourcentage de graisse
et le tour de taille, et stabiliser ces changements à long-terme. Prévenir
ou ralentir le développement des complications.
- Table
2 : Approches possibles pour la prévention de l'obésité infantile
Domicile Dépister
le surpoids et l'obésité chez les membres de la famille et identifier
les causes Expliquer les risques associés à l'obésité
et les bénéfices d'un mode de vie sain Eduquer et motiver les
parents pour promouvoir une alimentation équilibrée (pyramide alimentaire)
et l'activité physique dans la famille Renforcer le rôle parental
Réduire la consommation des aliments sucrés et gras Cuisiner
avec peu de matières grasses Eviter de sauter des repas, en particulier
le petit-déjeuner Utiliser de petites assiettes pour les enfants Laisser
les plats hors de vue dans la cuisine Boire de l'eau au lieu de boissons sucrées
Limiter le temps consacré à la télévision, à
l'ordinateur et aux DVD (1 à 2 heures max. par jour) Supprimer la télévision
dans la chambre des enfants Eviter les grignotages devant la télévision
- Ecoles
Collations équilibrées
Vente d'aliments sains par le boulanger Suppression des distributeurs
de boissons sucrées et aliments denses en énergie Installation
de fontaines à eau à l'école Formation des enseignants
concernant l'alimentation et l'activité physique Promotion de l'éducation
physique (augmenter le nombre d'heure et la qualité) Transport à
pied ou à vélo Opportunités de faire de l'activité
physique à l'école (recréation, en classe) Repas équilibré
à la cantine - Communes
Promotion
d'un environnement favorisant l'activité physique (terrains de jeux, de
sport, piscines, centres de remise en forme) Soutien et promotion active
des associations sportives Manifestations communales encourageant l'activité
physique Formation des infirmières puéricultrices et des directeurs/directrices
de crèche Promotion de l'utilisation des escaliers Education sur
la promotion de la santé dans la commune Volonté politique du
conseil municipal de promouvoir activement la santé
La
connaissance dans la grande presse Par le Dr Nicolas Von der Weid

Je
suis souvent interpellé par l'un ou l'autre de mes patients me demandant
quelques explications, concernant un bref entrefilet paru dans la presse quotidienne
et faisant état d'une découverte ou d'un produit miraculeux et destinés
à révolutionner le traitement du diabète, voire à
le guérir et ce, bien entendu dans un avenir aussi proche que radieux !
La plupart du temps, après avoir balayé le dit article d'une prunelle
aussi négligente qu'agacée, je hausse les épaules et grommelle
dans ma barbe, bientôt chenue, que ces journalistes n'y connaissent rien
et que leur appétence de sensationnel est en relation directe de leur ignorance.
Cependant, l'honnêteté m'oblige à pondérer quelque
peu mon ire
Comme je l'ai souventes fois souligné, le diabète,
et surtout le diabète de type 2, est une affection extrêmement compliquée,
aussi bien sur le plan génétique que dans sa physiopathologie, c'est-à-dire
la compréhension des mécanismes défectueux qui aboutissent
à l'expression du diabète. Un journaliste sait que l'attention
de son lecteur se dilue à une vitesse foudroyante lorsqu'il aborde un sujet
d'ordre scientifique. Il lui faut donc captiver le lecteur, et en quelques lignes,
résumer un travail long et compliqué, en tirer les conclusions et
les possibles implications! Tout ceci est bien évidemment incompatible
avec une quelconque rigueur scientifique, mais j'imagine volontiers la moue désapprobatrice
d'un rédacteur en chef d'un quotidien généraliste devant
les 8 pages d'un texte serré, fruit des veilles de son journaliste, et
tentant d'expliquer au commun des mortels le rôle de la ghréline
dans le maintien de l'index pondéral ! Par ailleurs, il faut admettre que
malgré tout le talent de certains vulgarisateurs, les choses compliquées
restent compliquées et ne peuvent être simplifiées à
outrance. Sans un certain bagage de connaissance, certaines notions resteront
impossibles à appréhender à bon nombre d'individus, sans
aucun jugement péjoratif de ma part. De plus, je dois reconnaître
que beaucoup de chercheurs ont tendance à rester dans leur domaine strict
et trop souvent semblent ne pas tenir compte des découvertes adjacentes
à leur spécialité, ce qui brouille encore les pistes !
En
voici un très récent exemple : Le 3 septembre 2008 est sorti
un bref compte-rendu dans le journal genevois "Le Temps" d'un travail
paru dans une revue de biologie fondamentale nommée "Cell Metabolism".
Ce travail, d'après la journaliste, permettait enfin de comprendre pourquoi
les diabétiques obèses qui subissent une chirurgie dite baryatrique,
qui consiste à court-circuiter l'estomac et le duodénum, voyait
leur diabète s'améliorer de façon spectaculaire, et ce bien
avant que l'on puisse l'expliquer par une perte de poids. Votre serviteur
s'est donc penché sur ce travail qui comporte 14 pages de texte dense,
résumé en 3 colonnes dans "Le Temps" ! En résumant
à outrance encore une fois, il semblerait que court-circuiter le duodénum
chez des souris, dans ce travail-ci, permettrait à l'intestin d'augmenter
sa gluconéogenèse, c'est-à-dire sa synthèse du glucose.
Un afflux accru du glucose au foie via la veine porte aurait pour effet de diminuer
sa propre production de glucose, réduire l'appétit et également
la résistance à l'insuline. De plus, cette intervention augmenterait
la sécrétion d'une hormone nommée GLP-1, dont les effets
contrebalanceraient certains mécanismes métaboliques délétères
dans le diabète de type 2. Par contre, en juillet 2008, dans une autre
revue de diabétologie pratique nommée "Diabetic Medecine",
un autre chercheur, se penchant sur le même sujet et s'appuyant sur plusieurs
études, proposait une autre hypothèse également extrêmement
séduisante. Le court-circuitage du duodénum préviendrait
la sécrétion d'une hormone intestinale nommée le GIP, laquelle
par des mécanismes découverts récemment, accroîtrait
de façon considérable la résistance à l'insuline.
La quasi-suppression de cette hormone expliquerait donc l'amélioration
notable et rapide (2 semaines) de patients diabétiques ayant subi cette
intervention. Par cet exemple, je voulais vous montrer à quel point l'information
paraissant dans la presse de tous les jours, sans volonté de malhonnêteté
de la part des journalistes, devrait être prise avec les plus grandes précautions.
En quelques semaines, deux explications du même phénomène
nous sont décrites, sans que vraisemblablement les auteurs aient eu connaissance
des travaux de leurs collègues, et à plus forte raison, les journalistes!
Quelle est l'importance relative de chacune de ces études pour comprendre
le phénomène de la chirurgie baryatrique est un autre débat,
mais cette anecdote illustre à merveille combien il est difficile de juger
de l'importance ou de la pertinence des informations qui nous sont livrées
en pâture ! A
la recherche des signaux cellulaires contrôlant la sécrétion
d'insuline Par le Professeur Pierre Maechler
  
Le
maintien de la glycémie dans des valeurs physiologiques est essentiellement
assuré par l'action de l'insuline sur ses tissus cibles. Ces tissus sont
principalement le foie, les muscles, et le tissu adipeux. Toutefois, l'équilibre
glycémique résulte avant tout d'un relâchement adéquat
d'insuline dans la circulation sanguine par le pancréas endocrine. Cette
sécrétion dépend totalement de la bonne fonctionnalité
des cellules bêta-pancréatiques qui se situent dans les îlots
de Langerhans, ces grappes de cellules dispersées dans le pancréas
telles de petites îles. Les îlots ne représentent qu'environ
2% du pancréas dans son entier. On réalise l'importance, et
l'efficacité, de ces cellules bêta-pancréatiques lorsqu'on
se rappelle que notre vie n'est pas possible sans insuline. A l'inverse, un excès,
même léger, d'insuline dans la circulation sanguine et c'est l'hypoglycémie
avec ses conséquences pouvant être sévères. La cellule
bêta ne l'est donc pas tant que cela et représente un degré
de perfection inégale en tant que glucosenseur couplé à un
fournisseur d'insuline. Cette merveille de la biologie cellulaire analyse en temps
réel toutes modifications du taux de glucose dans le sang et traduit immédiatement
ces changements en ajustant la sécrétion d'insuline. Une question
se pose alors aux chercheurs. Comment un simple nutriment - le glucose - utilisé
par n'importe laquelle de nos cellules pour fournir de l'énergie, peut-il
servir de signal dans le cas de la cellule bêta ? A l'intérieur des
cellules bêta, des vésicules gorgées d'insuline n'attendent
qu'un signal pour libérer leur contenu dans la circulation sanguine. Cependant,
ce n'est pas le glucose lui-même qui sert de signal. Il faut donc transformer,
on pourrait me dire traduire, un message de nutriment - le glucose - en un message
de libération d'insuline. Ce processus est appelé couplage métabolisme-sécrétion
car il implique une cascade d'évènements qui utilise en grande partie
les voies classiques du métabolisme cellulaire, c'est à dire la
dégradation du glucose. Cette longue cascade rejoint finalement une voie
de signalisation commune à de nombreuses cellules sécrétrices,
par exemple du système nerveux. Ces cellules ont en commun d'utiliser le
calcium - un simple ion - comme signal cellulaire majeur stimulant le relâchement
d'une hormone ou d'un neurotransmetteur. Il y a cependant des spécificités
dans les signaux de la cellule bêta. En effet, le calcium seul, s'il est
nécessaire, est insuffisant à expliquer la sécrétion
soutenue d'insuline observée lors d'une élévation du glucose.
Il existe donc d'autres signaux cellulaires, dérivés du glucose,
participant avec le calcium à la libération de l'insuline. De
nombreux chercheurs de par le monde tentent d'identifier ces mystérieux
signaux. Cela est important pour cerner les mécanismes fondamentaux de
la biologie cellulaires, mais également pour découvrir de nouvelles
pistes thérapeutiques. Une meilleure compréhension du fonctionnement
intime de la cellule bêta apporte jour après jour, petit pas par
petit pas, un savoir extrêmement précieux. Les connaissances nouvellement
acquises proposent non seulement de nouvelles approches thérapeutiques,
mais permettent aussi une meilleure approche préventive dans le but de
préserver les cellules bêta lorsque celles-ci sont encore présentent.

Autour
des stands  Abbott
   Association
Genevoise des Diabétiques
   Bayer
   Hermes
Edulcorants SA
   Service
d'enseignement thérapeutique à l'hôpital cantonal de Genève
   Lifescan
 Lilly
   Medtronic
 Novartis
   Novo
Nordisk
   Pharmacie
principale
 Podologues
   Roche
Diagnostics
  Smiths
Medical
Ypsomed
Merci
à Abbott AG Bayer (Schweiz)
AG CICG, Monsieur Laurent Tremblet COGERIMSA Credit Suisse SA Eli
Lilly (Suisse) SA Firmenich SA Fondation Hans Wilsdorf Fondation Child
Care Hermes Edulcorants SA (Assugrin) Lifescan Merck Sharp & Dohme-Chibret
AG Migros Genève Moser Vernet & Cie Novartis Pharma Schweiz
AG Pharmacie Principale Rochat & Partners Roche Diagnostics (Schweiz)
AG Smiths Medical Suisse Takeda Pharma AG Ypsomed AG Et à
tous ceux et celles qui ont fait en sorte que cette journée ait pu avoir
lieu par leur présence. |